Parc de la Pendjari

2 755 km² de savane au pied de l'Atakora, cogérés avec African Parks depuis 2017 : le dernier grand sanctuaire de faune d'Afrique de l'Ouest.

La Pendjari occupe l'extrême nord-ouest du Bénin, au pied de la chaîne de l'Atakora, sur 2 755 km² de savane arborée, de galeries forestières et de falaises gréseuses qui marquent la frontière avec le Burkina Faso. Le parc tire son nom de la rivière Pendjari, affluent du fleuve Volta, qui dessine sa limite septentrionale et entretient une série de mares permanentes autour desquelles la faune se concentre en saison sèche. Depuis 2017, la gestion est confiée à l'ONG African Parks en cogestion avec l'État béninois, ce qui a permis de relancer les patrouilles anti-braconnage, de rouvrir les pistes et de stabiliser les populations animales.

C'est aujourd'hui le dernier grand sanctuaire de faune d'Afrique de l'Ouest, avec le parc W voisin (partagé entre le Bénin, le Niger et le Burkina) auquel il forme un ensemble écologique continu de plus de 30 000 km². Nos guides y observent régulièrement des éléphants de savane, des lions ouest-africains (une sous-espèce menacée, environ 100 à 150 individus dans le complexe WAP), des buffles, des hippotragues, des bubales, des cobes de Buffon, des phacochères et des babouins. La densité reste plus faible que dans les parcs d'Afrique de l'Est : on ne vient pas à la Pendjari pour des troupeaux à perte de vue, mais pour la qualité des observations dans un cadre que peu de voyageurs connaissent.

Le parc compte plus de 460 espèces d'oiseaux recensées, dont le bec-en-sabot du Nil sur les bords de la Pendjari en saison humide, des aigles pêcheurs, des rolliers d'Abyssinie et des calaos. C'est aussi un terrain pour l'observation des crocodiles du Nil et des hippopotames dans les mares de Bali, Yangouali et Bori, qui figurent parmi les points d'eau les plus actifs entre février et mai.

Autour du parc, les villages de Tanguiéta, Batia et Porga marquent la zone tampon où vivent les communautés Berba, Gourmantché et Waaba, agriculteurs et éleveurs qui cohabitent avec la faune. Tanguiéta, à 65 km du poste d'entrée de Batia, sert de base logistique : c'est là que nous organisons les ravitaillements, les rencontres avec les guides communautaires et les arrêts au marché hebdomadaire. La gastronomie locale tourne autour du de mil ou de sorgho accompagné de sauce gombo ou baobab, et du wagasi, fromage peul grillé que l'on retrouve sur les étals.

À 30 km du parc, les chutes de Tanougou descendent en trois paliers d'une falaise de grès. Le bassin inférieur reste baignable une grande partie de l'année et constitue notre étape la plus fréquente avant ou après le safari. Plus à l'ouest, les villages Betammaribé et leurs tata-sombas (maisons-forteresses en terre crue classées à l'UNESCO) prolongent naturellement le séjour, faisant de la Pendjari une porte d'entrée vers tout l'arrière-pays Atakora.

À découvrir

Safari aux mares de Bali et Yangouali. Affût matinal entre 6h et 9h autour des points d'eau où éléphants, buffles et hippotragues viennent boire en saison sèche. Lumière rasante sur la savane et silence rompu par les cris des calaos.

Chutes de Tanougou. Trois paliers de cascades sur une falaise de grès à 30 km du parc, avec bassin de baignade en contrebas. Compte 1h30 d'arrêt, accessible en 4x4 depuis Tanguiéta.

Observation des lions ouest-africains. Sous-espèce menacée dont il reste environ 100 à 150 individus dans le complexe WAP. Les contacts ne sont jamais garantis, mais nos guides connaissent les zones de passage entre Bori et la piste du Mare Sacrée.

Rencontre avec les communautés Berba de Batia. Le village de Batia, à l'entrée sud du parc, accueille des visites guidées par des éco-gardes locaux. Échanges sur la cohabitation avec la faune et démonstrations de cuisine au mil.

Pendjari Lodge et bivouac sur la falaise. Hébergement principal du parc, en lisière de savane, avec terrasse panoramique sur la plaine. Nuit calme entrecoupée des appels des hyènes tachetées.

Quand y aller

La saison de safari court de décembre à mai, période pendant laquelle le parc est officiellement ouvert. De décembre à février, les températures restent supportables (20 à 32 °C en journée, fraîches le matin sous l'influence de l'harmattan, le vent saharien qui peut voiler le ciel de poussière jusqu'à mi-février). Mars, avril et mai concentrent les meilleures observations animalières, l'herbe étant rase et les animaux contraints de se rassembler autour des mares résiduelles, mais le mercure grimpe alors à 38 °C, parfois 40 °C en avril. Nous recommandons janvier-février pour un équilibre confort/observation, et mars-avril pour les passionnés de faune qui acceptent la chaleur.

De juin à novembre, le parc ferme : la mousson ouest-africaine déverse 900 à 1 100 mm de pluie, les pistes deviennent impraticables et la végétation haute rend toute observation illusoire. Les mois d'août et septembre cumulent à eux seuls plus de la moitié des précipitations annuelles. C'est une période à éviter strictement pour cette région, même si les chutes de Tanougou sont alors à leur débit maximal.

Conseils pratiques

Comptez trois nuits minimum sur place pour deux journées complètes de safari et le détour par les chutes de Tanougou. L'accès se fait depuis Cotonou par la route : environ 600 km jusqu'à Natitingou, soit 9 à 10 heures de trajet, puis 100 km supplémentaires jusqu'à Tanguiéta et l'entrée du parc à Batia. Nous proposons en alternative un vol intérieur vers Parakou (quand les rotations sont opérées) ou un découpage en deux jours avec étape à Dassa ou Djougou pour casser la route. Le retour peut s'effectuer par le même axe ou en prolongeant vers le Togo.

La combinaison la plus cohérente associe la Pendjari à l'Atakora et pays Betammaribé (1 à 2 nuits dans la région des tata-sombas, à 2 heures de route), puis descend vers les Collines et centre pour les sites animistes de Dassa et Savè avant de rejoindre le Plateau d'Abomey et la Côte et lagunes. Comptez 12 à 15 jours pour une boucle complète Cotonou-Pendjari-Cotonou. Le confort à la Pendjari Lodge reste correct (chambres climatisées, restauration sur place) mais sans luxe : la région s'adresse aux voyageurs curieux de faune et de cultures du nord, plutôt qu'à ceux qui cherchent un safari haut de gamme. Familles avec enfants à partir de 8 ans, naturalistes et photographes y trouvent leur compte.

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